Bururi : la dermatose nodulaire décime le bétail et fait flamber les prix du lait et de la viande
Par: Davy Claude Mbananayo
Confrontés depuis plusieurs semaines à la dermatose nodulaire bovine, une maladie qui décime leurs troupeaux, les éleveurs de bovins de la commune Bururi en province de Burunga déplorent l’inaction des services vétérinaires et constatent déjà une hausse marquée des prix du lait et de la viande sur les marchés locaux.
Les éleveurs de bovins des collines Rwamabuye, en zone Muhweza, et Musenyi, en zone Rutovu, dans la commune Bururi, se disent de plus en plus inquiets face à la progression de la dermatose nodulaire bovine, localement appelée « suna ». Selon eux, cette maladie, qui touche le cheptel depuis un certain temps, a déjà emporté de nombreuses vaches, plongeant les familles dans l’angoisse et l’incertitude.
Sur place, les témoignages concordent : malgré la gravité de la situation, aucune réponse concrète n’a encore été apportée par les autorités compétentes. Les services vétérinaires et les agents d’appui technique sont accusés d’inaction ou d’absence sur le terrain, alors même que les pertes se multiplient.
« Nous faisons face à un sérieux problème lié à la dermatose nodulaire bovine qui touche nos vaches », confie un éleveur. « Aucune mesure concrète n’est prise pour lutter contre cette maladie. Les vétérinaires ainsi que les agents d’appui dans les collines ne nous apportent pas l’aide nécessaire. Nous ne savons pas si c’est par manque de personnel ou de vaccins, mais plusieurs vaches sont déjà mortes. La situation est très préoccupante. »
Au-delà des pertes directes de bétail, cette épizootie commence à peser lourdement sur l’économie locale. D’après plusieurs sources, les prix du lait et de la viande ont sensiblement augmenté sur les marchés de la région, conséquence directe de la baisse de production et de la mortalité du cheptel. Des études menées dans d’autres pays touchés montrent que cette maladie entraîne généralement une chute de la production laitière, des pertes de viande et des impacts financiers importants pour les éleveurs.
« Les familles qui élèvent des enfants sont particulièrement éprouvées », explique un autre habitant. « Le prix du lait, qui était auparavant de 1 200 francs le litre, est passé à 2 000 francs. C’est une lourde charge pour la population. La viande devient de plus en plus rare sur le marché. Tout cela aggrave les difficultés économiques des ménages. »
Face à cette situation, les éleveurs lancent un appel pressant aux autorités concernées afin qu’elles prennent des mesures urgentes pour stopper la propagation de la maladie et sauver le reste de leur cheptel.
Contacté par la RPA, le directeur général de l’élevage au sein du ministère ayant l’élevage dans ses attributions, Canesius Nkundwanayo, n’a pas souhaité s’exprimer sur ce dossier.

