Burunga : des rapatriés de Tanzanie dénoncent l’exclusion de certaines familles de l’assistance
Par: Génèrose Niyonkuru
Les 102 familles de Burundais rapatriées de force de Tanzanie, installées sur le site de Mucanga, en commune Nyanza, province de Burunga, ont reçu ce lundi 6 juillet la visite d'agents du HCR et des autorités administratives. Cette visite intervient après plusieurs dénonciations des rapatriés, qui affirment que la majorité d'entre eux n'a toujours reçu aucune assistance depuis leur arrivée le 23 juin 2026. Les responsables ont reconnu des manquements dans la prise en charge et annoncé un classement des familles en quatre catégories selon les modalités de l'aide qui leur sera accordée. Une décision qui suscite toutefois de nombreuses contestations.
Cette visite fait suite aux plaintes répétées des rapatriés, qui dénoncent l'absence d'assistance pour la plupart des familles depuis leur arrivée. Au cours de la rencontre, les représentants du HCR et des autorités ont reconnu des manquements dans la prise en charge des rapatriés.
Les responsables ont ensuite réparti les 102 familles en quatre catégories, selon les modalités de l'assistance qui leur sera accordée. Selon l'un des rapatriés, le premier groupe est constitué des personnes dont les dossiers comportent des erreurs qui seront corrigées. Le deuxième regroupe celles dont les identités n'ont pas encore été transmises depuis la Tanzanie et qui devront être enregistrées à nouveau.
En revanche, les familles classées dans la troisième catégorie ont été informées qu'elles ne bénéficieront d'aucune assistance, une décision qui suscite l'incompréhension des rapatriés. Le témoin affirme que certaines situations sont difficiles à comprendre. « Dans une famille de dix personnes, une seule est reconnue comme réfugiée ; dans une autre de quatre personnes, trois sont reconnues et une est exclue. Nous ne comprenons pas comment les parents peuvent être reconnus comme réfugiés alors que leur enfant est déclaré ne pas l'être. Ou encore, un enfant qui avait fui avec sa grand-mère, qui avait été enregistré comme réfugié dans le camp et figurait sur les mêmes documents que sa famille, se retrouve soudainement exclu. Comment peut-on dire qu'il n'est pas réfugié alors que ses parents le sont ? »
Le quatrième groupe est composé des personnes qui attendent toujours l'assistance alimentaire du Programme alimentaire mondial (PAM). D'après les explications qui leur ont été données, les fonds versés par le HCR ont été retournés à la banque parce qu'ils ne pouvaient pas être conservés en espèces. Ces personnes devront attendre qu'une nouvelle liste soit établie avant de recevoir leur aide.
Les rapatriés lancent un appel aux autorités et aux organisations humanitaires. « Nous vous demandons sincèrement de continuer à plaider en notre faveur. Les personnes présentes ici viennent de différentes régions. Certaines familles sont déjà parties. Nous avons été trompés et nous avons même envoyé nos enfants. Là où ils se trouvent, ils pensent que leurs parents ont reçu cette aide financière, alors que la faim est en train de nous tuer ici. Nous demandons aux responsables de cesser de jouer avec notre situation. Nous leur avons présenté les documents qu'ils nous ont eux-mêmes délivrés. Parmi nous, il y a des femmes, des hommes, des personnes âgées ainsi que des personnes qui se déplacent avec une canne. »

