Burundi : le swahili gagne du terrain malgré des défis dans son enseignement
Par: Davy-Claude Mbananayo
Célébrée chaque année le 7 juillet, la Journée internationale de la langue swahili met en avant l’importance de cette langue africaine parlée par des centaines de millions de personnes. Au Burundi, le swahili continue de gagner du terrain dans plusieurs secteurs, notamment l’éducation et le commerce, malgré des défis liés au manque d’enseignants qualifiés et à l’insuffisance de matériel pédagogique.
La Journée internationale de la langue swahili est célébrée chaque année le 7 juillet. Elle a été proclamée en novembre 2021 par l’UNESCO lors de sa 41ᵉ Conférence générale.
Cette journée vise à reconnaître l’importance du swahili comme l’une des langues africaines les plus parlées, utilisée par plus de 200 millions de personnes en Afrique de l’Est, centrale et australe. Cette langue joue un rôle important dans la communication, l’intégration régionale, l’éducation et la promotion de la culture.
Au Burundi, le swahili fait face à plusieurs défis, notamment le manque d’enseignants qualifiés et l’insuffisance de matériel pédagogique, ce qui freine son développement et sa promotion.
Bien que le kirundi demeure la langue la plus parlée dans le pays, le swahili continue de renforcer progressivement sa place dans plusieurs secteurs de la vie nationale. Langue officielle depuis 2018, il est aujourd’hui considéré comme un outil important d’intégration régionale et de développement économique.
Dans le secteur de l’éducation, le swahili est enseigné dans plusieurs écoles secondaires ainsi qu’à l’université. Des départements spécialisés ont été mis en place afin de former des enseignants et des professionnels capables de répondre aux besoins croissants du pays. Les autorités éducatives encouragent également son apprentissage pour faciliter la mobilité académique et professionnelle au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est.
Sur le plan économique, cette langue occupe une place de plus en plus importante dans les échanges commerciaux. Les commerçants burundais qui travaillent avec la Tanzanie, la République démocratique du Congo ou encore le Kenya utilisent régulièrement le swahili pour communiquer avec leurs partenaires. Dans les villes frontalières et les centres urbains, son usage est devenu courant dans les marchés, les gares routières et certains services.
Cependant, plusieurs défis persistent. Le nombre d’enseignants qualifiés reste insuffisant et les supports pédagogiques disponibles demeurent limités. Dans de nombreuses régions rurales, le swahili est encore peu pratiqué, le kirundi conservant une place dominante dans la communication quotidienne.
Malgré ces obstacles, des observateurs estiment que l’importance du swahili devrait continuer à croître dans les années à venir. L’intégration régionale, l’augmentation des échanges commerciaux et les réformes du système éducatif pourraient contribuer à faire de cette langue un outil de communication de plus en plus incontournable pour les Burundais.
Le Burundi a accueilli la 3ᵉ Conférence internationale sur la langue swahili du 5 au 7 juillet 2026. Cette rencontre a été organisée dans le cadre de la célébration de la 5ᵉ Journée internationale de la langue swahili, reconnue par l’Organisation des Nations Unies comme l’une des langues internationales officiellement utilisées.
Le swahili continue de connaître une expansion remarquable. La secrétaire exécutive du Kakama, Caroline Asiimwe, a indiqué que cette langue est de plus en plus parlée en Afrique ainsi que dans le reste du monde. Selon elle, le swahili est aujourd’hui utilisé par plus de 250 millions de personnes.
Des enseignants de kiswahili affirment que, malgré le fait qu’ils enseignent cette langue, ils ne la maîtrisent pas suffisamment. Face aux difficultés rencontrées, certains choisissent d’abandonner cet enseignement.
Un enseignant explique que la langue kiswahili bénéficie de peu d’heures d’enseignement dans les écoles. Par ailleurs, les enseignants comme les élèves ne la pratiquent généralement qu’à l’école. Les établissements scolaires ne disposent pas non plus de matériel pédagogique adapté.

