Burundi : des habitants dénoncent les contraintes liées au programme de plantation d’avocatiers le long des routes
Par: Emmanuel Niyungeko
Le programme de plantations d’avocatiers le long des routes, mis en œuvre dans le cadre des travaux communautaires, suscite des réactions mitigées au sein de la population dans différentes localités du pays. Des habitants disent être contraints d’arroser et de greffer ces arbres, une tâche qu’ils qualifient de difficile, notamment en raison du manque d’eau dans certaines zones.
Selon ces habitants, cette activité est devenue une charge supplémentaire plutôt qu’un projet bénéfique. « Nous, les habitants, nous pensons que nous sommes en train de subir des punitions. Nous avons planté des avocatiers au bord de toutes les routes du Burundi. Maintenant, on nous demande de faire du greffage en saison sèche. Ceux qui ont été bouturés sont tous endommagés. Deuxièmement, nous sommes forcés d’arroser ces avocatiers déjà secs. Il en reste quelques-uns non encore greffés. Certaines communes ont un problème de manque d’eau », témoigne une source locale.
Outre les difficultés liées à l’entretien des plants, certains citoyens estiment également que le projet n’apportera pas les résultats escomptés, en raison de sa mise en œuvre jugée inappropriée. Ils évoquent notamment les contraintes liées au matériel utilisé pour le greffage. « Le kit utilisé pour le greffage des avocats provient de l’extérieur du pays, les sachets d’emballage, les papiers collants pour la fermeture, tout cela est compliqué à obtenir. Nous suggérons qu’il serait mieux que chaque ménage contribue ou que chacun achète cinq plants d’avocatiers déjà greffés, qui sont disponibles, au lieu de nous faire perdre du temps pour rien », ajoutent-ils.

