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Radio Publique Africaine
“La voix des sans voix”

Bujumbura : des habitants dénoncent l’inaction des autorités face aux boissons fortement alcoolisées

Par: Nadège Irakoze

Des habitants de la ville de Bujumbura se disent préoccupés par la prolifération de boissons fortement alcoolisées qu’ils jugent dangereuses pour la santé, particulièrement celle des jeunes. Ils accusent les autorités de ne prendre aucune mesure efficace pour mettre fin à leur production et à leur commercialisation.

Les habitants de la ville de Bujumbura se disent de plus en plus préoccupés par la consommation de boissons fortement alcoolisées fabriquées au Burundi, qu’ils estiment être à l’origine de graves problèmes de santé, notamment chez les jeunes. Selon eux, ces produits continuent d’être vendus librement malgré leurs effets néfastes.

Un parent rencontré à Bujumbura cite notamment les boissons connues sous les noms d’« Udusarabwayi », « Bangara », « Kick » et « Ntugasaze ». Il affirme que leurs consommateurs perdent progressivement leurs capacités physiques et sombrent dans une forte dépendance.

« Ces boissons sont fabriquées dans notre pays. Les gens qui les consomment, qui pouvaient auparavant porter 100 kg, actuellement ils ne sont même pas à mesure de porter 50 kg. Dans mon quartier, il y a un endroit où chaque matin on trouve des gens qui rampent par terre à cause de l’ivresse. Des fois, ils se battent entre eux. À présent, les jeunes et les adultes qui avaient la force de travailler ne sont plus capables de faire quoi que ce soit », témoigne-t-il.

Les habitants dénoncent également ce qu’ils qualifient d’inaction des autorités et du Bureau Burundais de Normalisation (BBN). Selon eux, cette institution est censée contrôler la qualité des produits mis sur le marché, mais elle ne parvient pas à empêcher la commercialisation de ces boissons.

« Ces boissons très nocives sont fabriquées par des personnes en position de pouvoir, car nous ne comprenons pas pourquoi la BBN ne peut pas constater qu’elles sont très nuisibles pour la population. Ça se comprend qu’il y a de la corruption, car pour qu’une société ait l’autorisation de les fabriquer, la BBN devrait examiner la composition chimique de ces produits afin de vérifier qu’ils ne vont pas nuire à la santé de la population. Ça fait de la peine de voir que la boisson nommée Kick, qui était vendue en petite quantité à moindre coût, est désormais vendue dans de grosses bouteilles pour décourager les consommateurs. Malgré que la bouteille coûte entre 15 000 et 18 000 francs burundais, les consommateurs s’arrangent pour l’acheter. Après avoir bu cette boisson, les gens sont pitoyables. Cette situation nous fait de la peine, car les autorités sont là sans toutefois réagir », déplore un habitant.

Les habitants de la ville de Bujumbura appellent les dirigeants du pays à prendre des mesures pour mettre fin à la fabrication et à la commercialisation de ces boissons fortement alcoolisées. Ils affirment que certaines personnes ont déjà perdu la vie après en avoir consommé et craignent que la situation ne continue de s’aggraver en l’absence d’une intervention des autorités.

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