Le CNDD-FDD au cœur des troubles perpétuels au sein du parti de Rwagasore

 3 cadres de parti UPRONA ont été  exclus. Parmi ces membres des organes dirigeants du parti chassés figure l’ancien vice-président Gaston Sindimwo, actuellement député.  En conflit avec leur président depuis un certain temps sur la gestion du parti,  ces badasigana exclus résistent et réclament l’intervention du ministère de tutelle. Dans l’entretemps, le courant de ce parti en exil impute cette zizanie au parti au pouvoir, le CNDD-FDD.

Ce climat de discorde au sein du parti créé par le Prince Louis Rwagasore a pour origine les divergences entre le camp d’Abel Gashatsi,  président du parti et  le camp  constitué par l’aile du député Gaston Sindimwo et Anicet Niyongabo en coalition avec l’aile de Isidore Mbayahaga, membre du bureau exécutif du parti.

En effet, en date du 7 mai de cette année, Abel Gashatsi a organisé une réunion avec les  représentants provinciaux du parti qui a abouti à l’exclusion de 3 badasigana à savoir Gaston Sindimwo, Anicet Niyongabo et Isidore Mbayahaga. Cette décision n’a pas tardé à être rejetée par 521 membres de ce parti en mairie de Bujumbura, circonscription dans laquelle ont ont été élus le président du parti Abel Gashatsi et Gaston Sindimwo, tous deux siégeant à l’Assemblée Nationale. Ces 521 membres ont évoqué, pour rejeter cette mesure, l’illégitimité de ce verdict rendu par des organes qui, disent-ils, ont terminé leur mandat. Et ces badasigana de dédaigner également leur représentation par Dieudonné Nduwimana au sein de cette réunion.

C’est donc ce lundi 10 avril que les 3 cadres qui disent être arbitrairement expulsés du parti ont adressé une lettre au ministère de l’intérieur et de la sécurité publique. L’objectif de cette correspondance était d’abord d’expliquer que le président du parti Abel Gashatsi s’est refusé de toute réaction par rapport au précipité recommandant un dialogue inclusif que lui avait adressé cette autorité de tutelle. Le deuxième objectif  était de demander au cabinet de ce ministère d’organiser  une réunion de lancement de ce dialogue.

Les différentes factions de l’UPRONA au pays se donnent mutuellement le tort.

Dans la correspondance accusée réception par le ministre Gervais Ndirakobuca ce mardi 11 mai, ces 3 personnalités affirment que les statuts du parti ne reconnaissent nulle part la réunion entre la direction du parti et les représentants provinciaux et précisent également que la décision de leur expulsion a été prise en l’absence du Vice-Président.  

Pour le moment, le camp pro-Gaston Sindimwo accuse Abel Gashatsi de n’avoir pas été compétent pendant la campagne électorale de 2020 et d’avoir vendu en cachette une parcelle de 40 ares se trouvant en province Ngozi, en plus d’avoir osé vendre la permanence du parti dans cette province. De l’autre côté, le camp pro-Abel Gashatsi reproche à Gaston Sindimwo d’avoir battu campagne en faveur d’un parti adverse à savoir le CNDD-FDD et que ce député, en complicité avec Isidore Mbayahaga et Anicet Niyongabo, ont créé une dissidence contre les organes dirigeants du parti.

Des sources dignes de foi révèlent que l’expulsion de ces 3 cadres a été alors officiellement annoncée ce mardi 11 mai dans une réunion présidée par Abel Gashatsi, avec le soutien du vice-président Prosper Bazombanza.

Pour rappel, le ministre de l’intérieur et de la sécurité publique avait récemment décidé la suspension des congrès de ce parti suite à ce climat de mésentente.

L’ « UPRONA » de l’opposition pointe du doigt le CNDD-FDD

Les membres du parti de Rwagasore actuellement en exil depuis  la crise de 2015 estiment que ces multiples crises au sein du parti UPRONA sont le fruit de l’œuvre du parti CNDD-FDD visant le démantèlement des principaux partis politiques de l’opposition, a déclaré le courant de Charles Nditije.

Dans une déclaration signée et  sortie ce mardi 11 mai, ‘’l’ UPRONA de l’opposition’’ se dit toutefois favorable à un processus de réunification et énumèrent les préalables  à un rapprochement efficace.

Vous saurez qu’en cas d’expulsion de son parti d’appartenance,  le code électoral prévoit que le mandat d’un élu devient nul. Ce qui signifie que, une fois cette expulsion maintenue, Gaston Sindimwo perdra automatiquement son siège à l’Assemblée Nationale.