Rumonge : des habitants dénoncent des contributions forcées pour financer le siège du CNDD-FDD
Par: Digne Karondo
À Rumonge, dans la province de Burunga, des habitants dénoncent des contributions financières imposées pour la construction du siège communal du parti CNDD-FDD. Les sommes réclamées varient entre 2 000 et 10 000 francs burundais. Selon une source locale, le paiement des 2 000 francs par ménage conditionne désormais l’accès aux robinets publics.
Dans la ville de Rumonge, les contributions destinées à la construction du siège communal du CNDD-FDD sont exigées aussi bien aux membres de ce parti qu’aux personnes qui n’y adhèrent pas. D’après notre source, les travailleurs de différents secteurs doivent verser entre 5 000 et 10 000 francs burundais.
« Cela fait longtemps que les responsables qui se succèdent à la tête du parti se servent de cette permanence pour détourner l’argent. Aujourd’hui, cette affaire refait surface. Sur notre lieu de travail, on nous impose une somme qui s’élève à 10 000 francs burundais », déplore notre source.
Les habitants doivent également s’acquitter de 2 000 francs burundais par ménage pour pouvoir accéder aux robinets publics. Le paiement est attesté par une liste sur laquelle doivent figurer les personnes ayant versé cette somme.
« Nous en sommes aujourd’hui au point où l’on nous menace de dresser des listes de ceux qui n’ont pas versé leur contribution. Si un jour, nous avons besoin d’un service auprès de la commune, notre nom sera vérifié sur la liste des personnes ayant payé cette contribution », explique notre source.
Selon ce témoignage, certains responsables chargés des robinets publics refusent de laisser les habitants puiser de l’eau lorsqu’ils ne figurent pas sur la liste des ménages ayant payé. Cette exigence s’ajoute aux contributions déjà réclamées sur les lieux de travail.
Face à ces prélèvements, les habitants, qui disent vivre dans une grande précarité, appellent les autorités à intervenir pour mettre fin à ces pratiques.
« Nous demandons aux autorités de nous laisser tranquilles, car nous sommes épuisés par la pauvreté dans laquelle nous vivons. Comment pouvons-nous contribuer au financement d’un parti politique qui dispose déjà de moyens ? Au travail, on nous réclame de l’argent et, une fois rentrés à la maison, nous devons encore payer. Mais où pensent-ils que nous trouvons tout cet argent ? », s’indignent-ils.

