Burundi : des inquiétudes entourant le paiement des titres fonciers sécurisés
Par: Clovis Niyonzima
Au Burundi, l’appel du gouvernement invitant les citoyens à payer pour obtenir des titres fonciers sécurisés suscite des interrogations. Certains Burundais dénoncent une collecte d’argent prématurée alors que la production des documents n’a pas encore commencé.
L’appel lancé aux propriétaires de parcelles pour payer auprès du département des titres fonciers afin d’obtenir des documents sécurisés est perçu par certains comme une simple collecte d’argent par l’État, avec un risque potentiel d’abus. Plusieurs Burundais rappellent que ce n’est pas la première fois qu’ils se retrouvent dans une telle situation. Ils évoquent notamment des paiements effectués pour des intrants agricoles qui n’ont jamais été livrés.
Selon des sources de la RPA, six mois après le début des paiements, la production des titres fonciers n’a toujours pas commencé. Ces sources indiquent également qu’aucun des outils nécessaires à cette production n’a encore été inspecté.
Autre point critiqué par les citoyens : pour obtenir un nouveau titre foncier, les demandeurs doivent se présenter avec l’ancien titre. Après paiement, une marque est apposée au dos du titre pour attester du règlement, une opération qui coûte 10 000 francs. Les détenteurs de titres dénoncent ainsi un système où il faut payer à la fois pour demander le document et pour l’obtenir.
Face à cette situation, plusieurs citoyens émettent des réserves quant à cette mesure. Ils estiment que la procédure ne devrait pas être accélérée alors qu’elle concerne presque tous les Burundais. Ils rappellent également qu’il a toujours été difficile d’obtenir rapidement des documents auprès de cette administration et s’interrogent sur sa capacité à répondre soudainement à une demande aussi importante.
Les derniers évoquent par ailleurs l’échec du projet de carte d’identité biométrique. Certains rappellent que des personnes ayant payé depuis deux ans pour obtenir un permis de conduire attendent toujours leur document. Ils craignent que la même situation ne se reproduise avec les titres fonciers sécurisés.
Ils appellent donc l’État à réorganiser d’abord le service des titres fonciers, à recourir à une technologie fiable et à doter ce département des moyens nécessaires pour mener correctement cette opération avant d’exiger le paiement des citoyens.

