Muyinga : une nouvelle organisation des examens qui suscite des mécontentements
Par: Clovis Niyonzima
À Muyinga, plusieurs enseignants dénoncent une nouvelle méthode d’organisation des examens : ils sont envoyés surveiller dans des écoles éloignées, sans aucune prise en charge de leurs frais de transport ni de restauration. Une situation qu’ils jugent injuste et préjudiciable à la qualité du travail pédagogique.
Toutes les écoles de la commune de Muyinga sont actuellement en pleine session des examens du deuxième trimestre, organisée après un test d’évaluation de trois jours lancé par la direction de l’enseignement.
Selon plusieurs enseignants, la méthode de surveillance des examens a été entièrement revue. Désormais, les enseignants sont envoyés dans d’autres écoles, parfois situées à plus de 20 kilomètres de leur établissement d’attache. Ceux des écoles d’accueil, à leur tour, sont déplacés ailleurs. Cette rotation, déjà appliquée lors du test précédent, s’étend à nouveau sur les cinq jours d’examens en cours.
Fatigués et préoccupés, de nombreux enseignants dénoncent une organisation lourde de conséquences. Ils affirment devoir couvrir eux-mêmes les coûts du transport et de la nourriture, ce qui alourdit leurs charges quotidiennes.
Au-delà des conditions matérielles, les enseignants mettent également en avant les difficultés d’évaluer des élèves qu’ils ne connaissent pas. “Nous corrigeons les copies d’élèves que nous n’avons jamais encadrés, ce qui peut fausser l’évaluation de leur niveau réel”, ajoute un autre.
Selon eux, cette situation nuit autant à la qualité de leur travail qu’au rendement des élèves, évalués par des enseignants épuisés et frustrés. Ils appellent les autorités éducatives communales et le ministère de l’Éducation à revoir d’urgence cette pratique, afin de permettre aux enseignants de surveiller et de corriger les copies dans leurs propres écoles.
Contactés, le chef du département communal de l’Éducation à Muyinga et Blaise Pascal Misago, directeur provincial de l’éducation en province Buhumuza, n’avaient pas encore réagi au moment de la publication.

