Vaccination contre le cancer du col de l’utérus : des bénéficiaires non servies suite à une insuffisance de vaccins
Par: Nadège Irakoze
La campagne de vaccination contre le cancer du col de l’utérus destinée aux jeunes filles âgées de 9 à 14 ans s’est clôturée ce lundi 4 mai au Burundi. Malgré une forte affluence des bénéficiaires dans les écoles et les centres de santé, des infirmiers dénoncent une insuffisance de vaccins ayant empêché plusieurs jeunes filles de recevoir leur dose.
Des infirmiers ayant participé à cette campagne affirment que les quantités de vaccins disponibles n’ont pas permis de couvrir toutes les bénéficiaires venues se faire vacciner. Selon eux, plusieurs jeunes filles n’ont pas reçu leur dose suite à une rupture de stock.
« Il y a beaucoup de jeunes filles qui n’ont pas pu recevoir ce vaccin suite à la rupture de stock, et les bénéficiaires se sont lamentées car elles nous ont attendus en vain. Nous demandons que l’on puisse apporter d’autres vaccins pour que tout le monde soit servi », ont indiqué ces infirmiers.
Ces derniers disent ne pas comprendre cette insuffisance de vaccins alors que le ministère de la Santé publique avait auparavant collecté les effectifs des bénéficiaires dans toutes les provinces à travers les responsables des écoles et les agents communaux de santé.
« C’est étonnant de voir que le gouvernement peut commencer une telle activité sans s’être bien préparé. Les agents du ministère de la Santé avaient d’abord demandé les effectifs des personnes à vacciner aux responsables des écoles et aux agents communaux de la santé. Alors je pense que le ministère de la Santé avait débuté cette campagne avec tous les chiffres des bénéficiaires ainsi que la quantité suffisante des vaccins à disponibiliser pour couvrir cette catégorie de la population », ont-ils ajouté.
Même si des informations en provenance du ministère de la Santé publique font état d’un nouvel arrivage de vaccins pour les jeunes filles n’ayant pas été servies durant cette campagne, ces infirmiers demandent que les prochaines activités de vaccination soient mieux préparées.
Ils dénoncent également un manque de matériel, notamment du coton hydrophile, et réclament l’augmentation du nombre d’infirmiers mobilisés ainsi que des moyens financiers pour assurer leurs déplacements.
Lors de la clôture de cette campagne, le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a appelé les jeunes filles à se faire vacciner, précisant que ce vaccin est désormais intégré dans le programme national de vaccination de routine.
« Nous vous annonçons que ce vaccin est pour votre bien, il ne vous fera aucun mal. Nous sommes des parents, nous ne pourrons pas souhaiter du mal à nos enfants. Nous aussi nous avons des enfants de votre âge et elles ont reçu ce vaccin. Nous interpellons alors celles qui ne l’ont pas encore reçu de venir se faire vacciner, surtout que ce vaccin est intégré sur la liste des vaccins de routine au Burundi », a déclaré le ministre.
Le gouvernement burundais vise à vacciner au moins 80 % des jeunes filles âgées de 9 à 14 ans contre le cancer du col de l’utérus, une maladie figurant parmi celles qui causent de nombreux décès chez les femmes au Burundi.

