Evariste Ndayishimiye, l’homme à un double langage.

Le président de la République a récemment nié l'existence des disparitions forcées au Burundi. Pourtant, le président Evariste Ndayishimiye avouait, il y a peu, que les hautes autorités issues du CNDD-FDD commettaient des assassinats.

Mercredi dernier sur France 24 et RFI, le président Evariste Ndayishimiye a dit qu’il n’y avait pas de cas de disparitions forcées au Burundi. « En tout cas et à ce que je sache, il n’y a pas de disparitions au Burundi. Ce que je sais aussi, c’est qu’il y a des criminels qui, juste après le crime, vont au Rwanda. Et nous n’avons pas le droit d’aller fouiller au Rwanda ».

 

Pourtant, Evariste Ndayishimiye semblait dire aux hautes autorités de ne plus commettre des assassinats lors de la célébration des 30 ans de la charte de l’unité nationale le 5 février cette année. « Commettez tous les crimes mais ne commettez pas le crime de sang. Chères autorités, chers Burundais, faites tout ce que vous voulez mais ne tuez pas des gens. Vous pouvez incendier des maisons. Vous construirez d'autres mais si vous tuez une personne vous ne pouvez pas la ressusciter ».

Autant de propos qui corroborent avec ceux tenus par la première dame trois ans auparavant. Le 30 décembre 2018 au cours d’une croisade de prière, la première dame,  Denise Bucumi, avait également avoué que le pouvoir CNDD-FDD commettait plusieurs crimes dont des assassinats. « Notre Dieu plein de bonté, nous les puissants et les faibles on s’agenouille devant toi, Seigneur on reconnaît nos pêchés. Vraiment au Burundi, des personnes ont été tuées et cela à cause de la haine, de la jalousie et de la méchanceté. Au nom de Jésus, je déclare que des dirigeants dictateurs existent ici, ceux qui bafouent les droits de la population existent », avait- t-elle prêché à l’époque.