Des formations para-militaires et intensives font craindre le pire aux habitants de Bukinanyana
Par: Josiane Muzaneza
Les imbonerakure cantonnés au camp de Ndava après leur retour de la RDC ainsi que d’autres combattants étrangers sont en train de suivre une formation militaire intensive et accélérée dans la kibira, et ce depuis plus de deux semaines. Dans l’entre temps, environ 200 imbonerakure vivent en cachette depuis près d’un mois, craignant pour leur sécurité après s’être enfui du camp.
Ces entrainements para-militaires dispensés dans la forêt de la Kibira se déroulent plus précisément du côté de la zone Bumba, nous sommes en commune Bukinanyana de la province Bujumbura. Selon nos sources, en plus des imbonerakure, « certains étrangers seraient également en train de bénéficier de ces formations, habillées en tenues militaires de la RDC et de la FDNB pour faire croire à des opérations de routine. » Révèle une de nos sources qui fait également savoir que certains parlent le kiswahili, d’autres le Kirundi ou le Kinyarwanda et d’autres encore le français.
Un des habitants de la place affirme que des véhicules militaires font le ravitaillement de ces gens en formation et que des fois les citoyens des environs sont forcés de collecter des vivres destinés à les nourrir. Ce qui insupporte énormément les habitants de la place, surtout qu’ils ne sont plus autorisés à procéder à la récolte de leurs champs de culture se trouvant dans la kibira. Une situation qui s’ajoute à la peur qui les tenaille à cause des crépitements d’armes qu’ils entendent à longueur de la journée et même pendant la nuit. « On n’a plus accès à nos champs de culture. Avant que ces activités ne débutent, on nous avait prévenus qu’il allait y avoir des formations, qu’on ne devrait donc pas avoir peur. Mais la frayeur est là car on ne peut pas rester calme alors qu’on ne cesse d’entendre des détonations. C’est juste qu’on s’est résigné vu qu’on n’a pas le choix. »Se désole un habitant de Bukinanyana qui s’est confié à la RPA.
Et nos sources d’ajouter que cette formation militaire à l’endroit des imbonerakure récemment rentrés de la RDC, des rwandais et des congolais serait dispensée par des militaires burundais, aidés par des étrangers dont la RPA n’a pas encore pu identifier. Selon nos sources parmi les bénéficiaires de ces formations, des instructeurs de couleur blanche feraient également partie des formateurs.
Une centaine d’imbonerakure déserteurs en cavale par peur de retourner en RDC
Ces imbonerakure en question sont au nombre de plus de 200. Ils disent avoir échappé de peu aux attaques du Mouvement du 23 Novembre, M23 en sigle, et se sont mêlés aux civiles pour quitter ce front qui les a marqué à vie. « On nous a posté dans des zones montagneuses alors qu’on n’était pas habitué à ce genre de relief. Nos pieds nous faisaient trop mal. On s’est battu à Gatogota, Bwegera, Ruvunge et Sange. Les drones du M23 nous débusquaient dans nos tranchées à tel enseigne qu’on se demandait quel péché on avait commis pour subir ça. On a alors jeté toutes nos armes et changé de vêtement avant de se mêler à la population congolaise qui fuyait vers le Burundi. Arrivés sur le mont Ndava, on a accueilli par des Burundais qui nous emmené dans un camp. » A confié à la RPA un des imbonerakure vivant aujourd’hui en cachette, lequel jure ne plus jamais retourné sur le champ de bataille car il « s’est rendu compte qu’ils n’étaient que des marionnettes dans ce conflit, surtout que, une fois acculées, l’armée burundaise et congolaise les ont laissées à leur sort, les laissant en débandade au lieu de les aider à se replier. »
Pour le moment, cette milice du parti au pouvoir, le CNDD-FDD, jure de ne plus jamais retourné combattre en RDC. Aujourd’hui traqués, ces déserteurs disent préférer vivre en cachette au lieu de retourner au front servir de bouclier humain.

