Le CNC affiche publiquement son refus de rouvrir la RPA et la Radio-TV Renaissance

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Gabriel Bihumugani, vice-président du CNC Gabriel Bihumugani, vice-président du CNC
Le Conseil national de la communication estime que la liberté de la presse est totale au Burundi. Dans une conférence de presse animée ce lundi 13 février 2017 à l’occasion de la journée internationale de la radio, le vice-président du CNC a cependant martelé qu'il y a certains médias que cet organe ne rêve jamais de rouvrir. 
 
Le vice-président du Conseil national de la communication, Gabriel Bihumugani, explique que la liberté de la presse est irréprochable. Il l’a déclaré ce lundi lors d’une conférence de presse à l’occasion de la journée internationale de la radio. 
 
Le vice-président de l’organe de régulation fait savoir qu'il y a certains médias qui ne bénéficieront « jamais » du soutien du CNC pour ouvrir leurs portes suite à la « sous-estimation » de leurs responsables à l'endroit de cet organe. Il cite entre autre la RPA (Radio publique africaine). 
 
« Les responsables de la RPA et de la Radio-Télévision Renaissance ont déclaré que le CNC n'a pas de pouvoir pour permettre que les deux radios puissent reprendre leurs activités. Ils ont déclaré qu'ils attendent l'issue des négociations inter-burundaises, qu'ils n'ont rien à attendre du Conseil national de la communication », a déclaré Gabriel Bihumugani 
 
La Radio Publique Africaine a « dépassé les limites » en continuant à émettre en clandestinité tout en modifiant les fréquences à l'insu du Conseil national de la communication, a-t-il poursuivi.
 
« La RPA a violé largement la convention qu'elle a signé avec le Conseil national de la communication. En plus, elle continue de violer d'une façon flagrante la loi régissant la presse au Burundi parce qu'elle a changé les émissions, les fréquences. La Radio Publique Africaine continue de publier des messages incendiaires contre le pays. Pour la RPA, j'ose le dire, le Conseil national de la communication n'est pas prêt pour plaider qu'elle soit rouverte », a ajouté le vice-président du CNC.
 
Les charges portées par le vice-président du CNC contre la RPA sont les mêmes qu’il applique à la Radio-Télévision Renaissance qui, elle aussi, « ne compte pas être autorisée à réémettre ».  Gabriel Bihumugani accuse le Directeur de Renaissance de n’avoir jamais cherché les responsables du Conseil national de la communication « pour discuter ». 
 
Le CNC confirme par là sa mauvaise volonté en déclarant que, même s'il adviendrait que le parquet acquitte les deux médias toujours sous enquête, le CNC n’interviendra pas en leur faveur pour rouvrir. 
 
Contrairement à la RPA et à la Radio-Télévision Renaissance, le CNC salue « le courage » de la Radio Bonesha FM qui a su pérenniser la collaboration avec cet organe ; raison pour laquelle, cette radio va bientôt reprendre ses activités officiellement, a annoncé le numéro 2 du CNC.
 
« On travaille ensemble, il n'y a aucun problème. Nous ne sommes pas les seuls à le demander, le Directeur ad-interim de la Radio Bonesha FM l'avait demandé. Il a dit qu'on clôture ce dossier avec la justice parce qu'en grande partie, le dossier inculpe celui qui était le Directeur de la Radio Bonesha FM. Qu'il ne soit pas au pays ne peut pas freiner toute la radio », a argumenté le vice-président du CNC.
 
Les déclarations du vice-président du Conseil national de la communication Gabriel Bihumugani interviennent deux ans après que la RPA ainsi que les autres principaux médias indépendants aient été détruits et incendiés lors de la tentative de coup d’Etat de mai 2015. Durant toute la période et notamment après leur destruction, le CNC n’a jamais fait de déclaration pour ne fut-ce que condamner l’attaque des médias. 
 
Pour Patrick Nduwimana, Directeur de la Radio Bonesha FM,  ces propos du CNC dépassent l'entendement : « je vois que c'est la façon de diviser les médias burundais mais aussi vouloir instaurer des médias qui ne parlent que d'une seule voix, qui ne disent pas la vérité, qui ne donnent pas de l'information pluraliste et diversifiée », dénonce-t-il. 
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