Des militaires Burundais fuient de peur de la répression du pouvoir

mardi, 07 février 2017 06:42
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Certains militaires Burundais qui viennent d’achever leur mission en Centrafrique et en Somalie pour le compte de la MINUSCA et de l’AMISOM préfèrent aujourd’hui déserter au lieu de rentrer au Burundi, de crainte des mauvais traitements qu’ils subissent à leur retour. C’est le cas du Capitaine Epitace  Nimbona, un officier qui venait de la République Centrafricaine, mais qui a fui le Burundi avec sa famille. RPA a recueilli son témoignage exclusif.
 
Depuis le début de la crise qui secoue le Burundi, plusieurs formes de répressions ont étés observées. Cette répression visait en premier les civils, accusés d’avoir participé aux manifestations contre le 3ème mandat de Nkurunziza ; puis certains membres des corps de défense et de sécurité, particulièrement ceux issus des ex-Forces Armées Burundaises. 
 
Aujourd’hui, certains militaires et policiers choisissent de fuir le pays, de peur qu’ils soient tués sauvagement par le pouvoir de Bujumbura. 
 
RPA a recueilli le témoignage exclusif d’un officier de l’armée burundaise. Le Capitaine Epitace Nimbona dit qu’il a choisi de fuir son pays suite aux menaces reçus alors qu’il était encore en mission de maintien de maintien de la paix en Centrafrique.
 
« Je fais partie de ceux qui ont reçu des menaces depuis que l’on a quitté le Burundi pour la République Centrafricaine. Avant de partir en mission, j’étais affecté dans l’un des quartiers dits insurrectionnels. Quand j’ai pris l’avion pour la RCA, les tortionnaires s’en sont pris à ma famille. La police fouillait ma maison au moins 3 fois par semaine. Mon enfant a été traumatisé jusqu’à refuser de retourner à l’école », explique l’officier.
 
Le Capitaine Nimbona dit qu’il est victime du fait qu’il s’est interposé entre la population et les policiers, quand ces derniers voulaient tirer à balles réelles sur des civils manifestants contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza. Quand cet officier s’est envolé  pour la RCA, les menaces n’ont pas cessés pour autant. 
 
« Même étant en RCA, j’ai été menacé au quotidien. Des gens suivaient toujours les mouvements de ma famille et prenaient à chaque fois des photos. Un jour, un frère d’armes m’a prévenu et m’a même montré les photos qu’ils avaient prises de ma famille qui se trouvait à Bujumbura. J’ai demandé un congé comme les autres, mais en un laps de temps, ils l’ont annulé. C’est là que j’ai finalement senti le danger qui me guettait », poursuit le Capitaine Nimbona.
 
Conscient du danger, l’officier en a informé ses chefs hiérarchiques. Toutefois, ces derniers n’ont jamais répondu, ni réagi à ses alertes. Cette inertie l’a poussé à vite chercher comment évacuer sa famille qu’il estimait en danger. 
 
« J’ai envoyé une correspondance au Ministre de la défense, une copie au Chef d’état-major général de notre armée, à l’auditorat militaire, au G1 et au Responsable chargé de la mission de maintien de la paix. Au lieu de de me porter secours, ils ont plutôt convoqué ma femme, l’accusant d’être rebelle. C’est ainsi qu’elle s’est cachée pour quelques temps, avant de parvenir à quitter le pays », témoigne l’officier.
 
A la fin de sa mission au sein de la MINUSCA, le Capitaine Epitace Nimbona a décidé de s’exiler au lieu de rentrer au Burundi. Il indique qu’il ne pouvait pas se rendre dans un filet comme un poisson car il savait qu’il était attendu par des tortionnaires qui allaient l’assassiner. 
 
L’officier de l’armée burundaise conseille aux militaires qui sont restés au Burundi de toujours rester en alerte et être conscient de leur engagement, en cette période où l’armée burundaise est politiquement divisée.
 
Le cas du Capitaine Epitace Nimbona n’est pas isolé. Avant lui, un bon nombre d’autres militaires  et policiers burundais, officiers et subalternes, ont refusé de retourner au pays à la fin de leur mission, préférant s’exiler de crainte pour leur sécurité et celle de leurs familles.        
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