Le Burundi se dirigerait-il vers un état d’urgence ?

L’organisation internationale chargée de la prévention des crises, International Crisis Group,  s’inquiète du trucage des prochaines élections par le parti au pouvoir, le Cndd-Fdd. Ce qui pourrait être suivi par une contestation violente. Dans un bref aperçu, cette organisation internationale présage entre autres scénarios, la déclaration d’Etat d’exception par le président de la République Pierre Nkurunziza pour s’accrocher au pouvoir.

Dans un bref apercu mis au grand jour ce lundi 18 mai, l’organisation International Crisis Group laisse entrevoir ses inquietudes d’assister à des élections inéquitables et redoute qu’ une contestation violente des résultats puisse s’en découler. Cette organisation internationale explique que le gouvernement deNkurunziza a intensifié sa campagne de répression de l’opposition politique. Elle rappelle que, depuis 2015, le même gouvernement a également rejeté toute intervention extérieure dans la gestion des élections. Sans parler des médias internationaux et nationaux indépendants ainsi que la société civile qui ont été largement écartés, ce qui rend peu probable une évaluation externe crédible de l’équité des élections.

L’autre fait qui inquiète cette organisation, c’est que la période précédant les élections a déjà été entachée par diverses formes de violence qui pourraient s’intensifier si les résultats sont contestés. Au moment où la frustration populaire est à son comble et que le chef de l’opposition Agathon Rwasa avertit qu’il n’acceptera pas une élection  volée, International Crisis Group craint de plus en plus qu’un scrutin contesté ne conduise à des violences, à l’instar de ce que le Burundi a connu en 2015.

De son côté, selon toujours International Crisis Group, Pierre Nkurunziza a déjà déclaré qu’il ne tolérerait pas un appel à la violence pendant ces élections et que des ordres clairs avaient été donnés aux forces de l’ordre, à l’armée et aux services de renseignement. Le fait que Rwasa décide ou non d’appeler à manifester pourrait également dépendre en partie de la possibilité de le gratifier en lui offrant un autre poste gouvernemental. Certains diplomates évoquent que l’accession de Rwasa à la vice-présidence de l’Assemblée nationale après les élections de 2015 pourrait être un avant-goût de ce qui va se passer dans les prochains jours.

Ces diplomates redoutent qu’en application de l’article 116 de la constitution burundaise qui permet au président de déclarer l’état d’exception, le président sortant, qui jouit toujours d’une loyauté écrasante au sein des Imbonerakure, ne déclare l’Etat d’exception pour s’accrocher au pouvoir en suspendant les élections, une action qui pourrait diviser le Cndd-Fdd et provoquer des scissions au sein des services de sécurité.