Les enseignants de Matongo remontés contre le président de l’Assemblée nationale

Grognes de certains enseignants de la commune Matongo suite aux propos du président de l’assemblée nationale du Burundi. Ce dernier a juré de donner des mutations à ces enseignants du fait que ladite commune vient de passer trois ans occupant la dernière place sur le classement annuel de toutes les communes de la province Kayanza. Des propos qui ont révoltés plus d’un surtout que cette autorité fait semblant d’ignorer où se situe le véritable nœud du problème.

Ces propos de Gélase Ndabirabe, président de l’assemblée nationale qui ont rendu furieux certains enseignants de la commune Matongo, ont été prononcés le 9 octobre courant au cours d’une rencontre qui réunissait les membres du Cndd-Fdd originaires de la province Kayanza, c’était à la veille de l’ouverture de la nouvelle permanence provinciale de ce parti.

Lui-même natif de la commune Matongo, Gélase Ndabirabe s’en est pris aux enseignants de Matongo du fait que cette commune a été classée dernière sur le classement annuel des 9 communes composant la province de Kayanza dans le secteur de l’éducation. Une place que la commune Matongo occupe depuis l’année scolaire 2017-2018 jusqu’à aujourd’hui. Selon ces enseignants, Gélase Ndabirabe a juré qu’il va user de tout son pouvoir pour faire muter ces enseignants et les remplacer par ceux de la communes Kabarore qui occupent la première place de ce classement.

Coté enseignants, ils ne décolèrent pas. Ils disent ne pas comprendre comment une telle autorité puisse déverser sa colère sur eux alors qu’elle connait très bien les raisons à l’origine de ces échecs. ‘’Le problème ne se situe pas du côté des enseignants. Nos écoles manquent du matériel, nous manquons de livres pour élèves. Ce n’est pas normal qu’un élève peut commencer la première année primaire et arriver en 6ème année sans avoir touché un livre de français ou de kirundi. Comme conséquences, il y a des élèves qui arrivent en 6ème année sans être à mesure de lire correctement le français et le Kirundi. Pire encore, 80% des élèves doivent avancer de classe, sans tenir compte de leur niveau. Alors, comment voulez-vous que de tels élèves réussissent au test national ?’’S’offusque un des enseignants de Matongo.

Ces enseignants ajoutent que le favoritisme observé dans le recrutement de nouveaux enseignants constitue également un handicap majeur. ‘’ Dans le passé, le recrutement se faisait sur base d’appartenance politique sans tenir compte des aptitudes et des capacités intellectuelles. Si tu n’es pas membre du Cndd-Fdd, tu ne pouvais pas espérer décrocher un travail, et la plupart d’enseignants engagés n’ont aucun bagage intellectuel. ‘’

Ces enseignants de Matongo demandent à Gélase Ndabirabe d’user de son poste et de ses relations pour trouver une solution à toutes ces lacunes au lieu de les menacer de mutations. Vous saurez que la commune Matongo compte au total 15 établissements, primaires et secondaires confondus.