L’exportation des vivres produits à Ruyigi désormais interdite

mardi, 14 février 2017 08:51
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Jeudi le 9 Février 2017, le gouverneur de la province Ruyigi a formellement interdit toute sortie des vivres récoltés dans sa province pour d’autres régions du pays. Selon lui, cette mesure a été prise pour éviter que la famine ne s’installe à Ruyigi, comme c’est le cas dans nombreuses autres provinces. 
 
Cette mesure inquiète cependant les habitants de cette province de l’Est du pays qui disent que l’échange des vivres est incontournable puisque qu’ils ont besoin de ce qui n’est pas cultivé chez eux. 
 
Publiée officiellement vendredi 10 Février 2017, la mesure interdit la sortie du haricot, du maïs, du manioc et certains autres vivres. Les commerçants de Ruyigi se disent soucieux ; d’après eux, ils auront de la peine à s’approvisionner dans d’autres provinces. 
 
Les habitants de Ruyigi affirment que la saison culturale n’a pas été bonne et que cela a entrainé la hausse des prix de certains produits alimentaires. 
 
Le haricot est ainsi passé de 1.300 à 2.000 francs en moins d’un mois ; et le riz s’achète à 2.200 francs, un prix que les commerçants qualifient d’exorbitant car il n’avait jamais atteint ce montant. La population de Ruyigi demande au gouverneur de revoir sa décision, « sinon cela va plutôt aggraver la situation ». 
 
Le FAO classe le Burundi dans la zone rouge 
 
Selon le bulletin d’informations et d’alerte nutritionnelle en matière de sécurité alimentaire du FAO, « tous les indicateurs sont au rouge au Burundi ». De nombreux ménages sont sans stock, ce qui a entraîné des déplacements que ce soit à l’intérieur du pays ou des demandes d’asile dans les pays voisins.
 
« 3 millions de personnes sont touchées par l’insécurité alimentaire au Burundi » affirme le bulletin d’informations du FAO. De Décembre 2016 à Janvier 2017, 900.000 de ces personnes sont dans une « insécurité alimentaire sévère ». D’après toujours le même bulletin, 50% des ménages ruraux n’ont plus de stocks de haricot, patate douce, manioc et maïs, des vivres qui constituent l’aliment de base pour beaucoup.
 
« Depuis 2014, les prix des vivres ne cessent d’accroître », indiquent le bulletin ; au mois de Janvier 2017, le prix du riz a été majoré de 160%, celui du maïs de 100% et 79% pour le haricot. 
 
Cette flambée des prix, à en croire le bulletin d’informations et d’alerte nutritionnelle du FAO, résulte de plusieurs facteurs, dont la diminution de la production vivrière, la pénurie des devises, la dépréciation de la monnaie burundaise, ainsi que l’absence des échanges frontaliers des vivres.   
  
 

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TAARIFA YA HABARI YA 26/04/2015

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