« Temba temba harageze » : Le Ministre de l’Intérieur accueilli par une manifestation au camp des réfugiés de Nakivale

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Le Ministre de l'intérieur, Pascal Barandagiye Le Ministre de l'intérieur, Pascal Barandagiye
C’est un échec cuisant pour le Ministre burundais de l’Intérieur Pascal Barandagiye, lors de sa visite au camp de Nakivale en Ouganda où sont réfugiés les Burundais qui ont fui suite à la crise du 3ème mandat du Président Nkurunziza. Son espoir de convaincre les réfugiés de rentrer au Burundi a volé en éclats. Les réfugiés l’ont accueilli par une grande manifestation pour contester sa présence ce mercredi.
 
Le Ministre de l’Intérieur Pascal Barandagiye s’est rendu à Nakivale en Ouganda où se trouvent les réfugiés burundais depuis le début de la crise en 2015. Sa mission : convaincre ces burundais de rentrer au pays natal, arguant que la paix est rétablie. 
 
Pour accueillir le Ministre, les réfugiés burundais du camp de Nakivale ont entonné des chants et slogans s’insurgeant contre le pouvoir Nkurunziza, le parti CNDD-FDD et rappelant les malheurs endurés avant l’exil. C’est au son de « temba temba harageze » ou « le moment est venu d’être déchu », une chanson très utilisée par les manifestants en avril et mai 2015 pour contester le 3ème mandat jugé illégal du Président Nkurunziza, que Barandagiye a été reçu.
 
Double peine pour le Ministre Pascal Barandagiye. Non seulement il a représenté le pouvoir contesté de Nkurunziza, mais aussi les réfugiés l’accusent d’avoir été complice des exactions commises, alors qu’il était Ministre de la Justice. « Nous avons qualifié cette visite d’un scenario qui vise à cueillir des personnes à abattre, une fois retournées au Burundi », indique un des réfugiés qui a manifesté contre la présence du ministre.
 
Le Ministre n’a pas voulu répondre aux questions des réfugiés, dénonce encore les réfugiés, « notamment celles en rapport avec les présumés génocidaires qui sont toujours libres, les présumés assassins des sœurs italiennes et les auteurs des crimes commis à l’endroit des manifestants ». 
 
Ils accusent pascal Barandagiye d’avoir « protégé les criminels » quand il était ministre de la justice. « C’est un assassin comme ses pairs du Gouvernement Nkurunziza. Ses propos ne sont pas rassurants. Nous sommes victime de leur atrocité, nous avons échappé de justesse à la mort. Il ne mérite pas un accueil d’honneur, c’est pourquoi nous l’avons accueilli ainsi », poursuit le manifestant réfugié à Nakivale.
 
Dans cette ambiance tendue, le Ministre Pascal Barandagiye et sa délégation se sont contentés de dire que c’est « normal » que bon nombre de réfugiés ne vont pas répondre positivement à l’appel  de rapatriement. Il a en outre précisé espérer que 2% ou 3% qui seront convaincus vont rentrer au pays. « Ceux qui ne veulent pas rentrer, ils sont devant moi. Arrêtez de lancer des injures, restez ici! Mais ceux qui veulent retourner au pays, il suffit de faire un enregistrement et ils seront facilités dans cette tâche. Il n'y a pas d'autres message à vous transmettre, n'ayez pas peur! Ce n'est pas une intimidation mais vous devez savoir que le Burundi reste votre propre nation », a lancé Pascal Barandagiye devant une foule en colère.
 
Le HCR et le gouvernement Ougandais ont quant à eux indiquent qu’il n’y aura pas de rapatriement forcé. 
 
« Le  pouvoir Nkurunziza invite les réfugiés à rentrer pour son plan de génocide caché »
 
Selon le président du Mouvement « Révolution HAGURUKA » en l’occurrence, le pouvoir de Bujumbura veut que les réfugiés burundais en exil rentrent pour continuer la campagne du génocide du parti CNDD-FDD. 
 
Audifax Ndabitoreye demande à tous les burundais refugiés en Ouganda et ailleurs de ne pas tomber dans le piège de Nkurunziza via ses Ministres.
 
« Toutes ces personnes autours de Nkurunziza sont en train d’exécuter un plan de génocide au vu et au su de tout le monde. Ce Ministre de l’Intérieur était à l’époque Ministre de la Justice. A ce moment, il a écroué plus de 8.000 jeunes dans différentes prisons du pays. Nous nous rappelons que sa consœur Aimé Laurentine Kanyana, actuelle Ministre de la justice, vient de faire la même chose en rapatriant plus de 100 réfugiés burundais qui étaient en République Démocratique du Congo. Au début, on disait que ces personnes allaient juste rejoindre leurs familles d’origine ; mais au contraire, la Ministre de la justice les a piégé, et les a tous conduits à la prison centrale », dénonce l’opposant qui avait lui-même participé aux manifestations en 2015.
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TAARIFA YA HABARI YA 26/04/2015

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