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La Ligue Iteka, l’aînée des organisations burundaises de défense des droits de l’homme, ne désarme pas malgré la répression de Bujumbura

dimanche, 30 septembre 2018 11:29
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Le Burundi traverse une grave crise politique depuis 2015, née de la volonté du Président Nkurunziza de briguer un troisième mandat. La ligue Iteka est parmi les organisations de défense des droits de l’homme touchée par cette crise en cours. Même si ses prestations sont fortement appréciées, elles n’ont pas empêché Bujumbura de commettre  les différents crimes  et d’exiler les employés de cette association. La plus ancienne ligue burundaise des droits de l’homme, Iteka a été définitivement radiée sur la liste des ONG locales autorisées à travailler au Burundi et le pouvoir actuel a ordonné le gel de leurs comptes bancaires. Malgré tous ces défis, la Ligue Iteka continue de documenter les crimes commis au Burundi. Comment ses employés étant maintenant en exil exercent leurs activités ? Quelles sont les obstacles majeurs auxquels ils font face ? Quelles analyses font ceux qui suivent de près les activités de la Ligue Iteka ?

La Ligue Iteka débute ses activités au Burundi en 1991. L’objectif de créer cette organisation est le respect des droits de l’homme et de la bonne gouvernance. Les fondateurs de la Ligue Iteka étaient des hommes de l’Eglise dont Monseigneur Simon Ntamwana et Feu Bernard Bududira, parmi les fondateurs se trouvaient également le premier Président démocratiquement élu Melchior Ndadaye, membre de la société civile à cette époque.

 

Depuis sa création, la Ligue Iteka a toujours été considérée par les gouvernements qui se sont succédés au Burundi comme leur ennemi. Certains des employés de cette ONG faisaient face aux menaces, comparaissaient des fois devant la justice et faisaient aussi objet d’emprisonnement. Depuis le 10 Décembre 2015, Marie-Claudette Kwizera alors trésorière de la Ligue Iteka est portée disparue. Ses proches apprendront plus tard, qu’elle aurait été enlevée par les agents du Service national de renseignement (SNR).  Le 3 Janvier 2017, les autorités gouvernementales burundaises annoncent la radiation définitive de la Ligue Iteka de la liste des ONG autorisées à travailler dans le pays et  leurs comptes bancaires ont été gelés.

 

Dans leurs pays de refuge, le personnel de la Ligue Iteka n’a pas croisé les bras. Le président de la Ligue Iteka, Anschaire Nikoyagize indique que même si c’est difficile, la Ligue Iteka accomplit toujours sa mission. ‘’ Avant, on accompagnait juridiquement les victimes, maintenant on produit un rapport hebdomadaire sur la situation des droits de l’homme au Burundi. Ceux qui nous relatent les faits sont membres de la Ligue Iteka, la population et les membres du Gouvernement. Toutes ces catégories de personnes ne rêvent qu’un Burundi paisible. ‘’

 

Pendant ces trois années que dure la crise burundaise, la Ligue Iteka a été fortement touchée par la disparition forcée de sa trésorière Marie-Claudette Kwizera et par les différents crimes qui se commettent au Burundi. ‘’ Plus de 400 personnes sont portées disparues et plus de 1.800 assassinées depuis 2015. ‘

 

La Ligue Iteka précise qu’elle est actuellement confrontée au manque de moyens financiers et surtout à la véracité des informations sur ce qui se passe au pays. ‘’Nos membres restés au pays ne se dévoilent pas de peur d’être persecutés. ‘

 

La ligue Iteka reste une fierté de ses fondateurs et partenaires

 

27 ans après sa création, les fondateurs de la Ligue Iteka reconnaissent que cette organisation n’a jamais failli à sa mission. ‘’ Même si le pays traverse une crise politique, la Ligue Iteka continue toujours de veiller au respect des droits de l’homme, que la Ligue Iteka reste un modèle pour d’autres organisations, ‘’ fait savoir Gervais Havyarimana, un des fondateurs de la Ligue Iteka.

 

Les Burundais restés au pays et ceux vivant dans leurs pays de refuge indiquent eux aussi que le travail accompli par la Ligue Iteka est louable.

 

Anicet Niyonkuru, secrétaire exécutif de la plateforme de l’opposition Cnared-Giriteka explique que les activités de la Ligue Iteka permettent à la population de mieux savoir les crimes commis par le pouvoir de Bujumbura et l’encourage de continuer à documenter ses rapports sur la situation des droits de l’homme qui prévaut au Burundi.

 

La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) se réjouit des activités de la Ligue Iteka même si elle travaille dans des conditions très difficiles. ‘’ La Ligue Iteka traverse une situation extrêmement difficile puisque leurs comptes bancaires ont été gelés. Une grande partie du personnel de la Ligue Iteka a dû fuir le pays. Deux ans viennent de se passer sans aucune nouvelle de la trésorière de la Ligue Iteka. La FIDH travaille de mèche avec la Ligue Iteka. Nous apprécions le travail quotidien de la Ligue Iteka et on l’encourage d’aller toujours de l’avant. Nous les soutenons dans les épreuves qu’ils traversent mais aussi dans les victoires que nous espérons faire recueillir pour faire progresser la situation des droits humains au Burundi, ‘’ précise Justine Duby, chargée de programmes au Bureau Afrique de la FIDH.

 

Le président de la Ligue Iteka, Anschaire Nikoyagize demande aux burundais de ne pas désespérer et rappelle au gouvernement actuel que sans les organisations de défense des droits de l’homme, le parti Cndd-fdd ne serait pas sur les rênes du pouvoir.

 

Article de presse sur l’émission TURIHO du 11/09/2018. Avec le soutien de la Wallonie-Bruxelles International.

 

 

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