Génocide au Burundi par Pierre Nkurunziza #StopThisMovie

La stérilité et l’infertilité, sources de violences à l’égard des femmes du camp de Mahama

mercredi, 11 octobre 2017 08:14
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Elles font partie des causes des conflits entre le mari et sa femme à Mahama. La stérilité et l’infertilité constituent parfois l’origine des violences à l’égard des femmes dans ce camp des réfugiés burundais situé au Rwanda. Les femmes réfugiées indiquent que certains hommes décident de limiter leurs contributions dans leurs ménages respectifs pour protester contre cette absence de procréation.

K.I n’a pas eu d’enfant depuis bientôt 9 ans après la mort de son bébé. Elle indique que la vie qu’elle mène actuellement avec son mari dans le camp des réfugiés de Mahama n’est pas des plus merveilleuses même si elle avoue n’avoir jamais été battue.

 

‘’Comme ici au Rwanda les hommes ont peur de battre leurs épouses, il ne le fait pas mais il me nuit d’une autre façon. Par exemple, lorsqu’il a du travail, il ne me donne rien, je ne suis même pas au courant quand il reçoit la rémunération. Quand je le lui demande, il me répond que je n’en ai pas besoin parce que je n’ai pas d’enfant à nourrir.’’, déplore la réfugiée d’une quarantaine d’années. K.I poursuit que son mari lui dit de se contenter de ce que le HCR lui donne. ‘’Mais parfois il me donne de l’argent de son propre gré. Et quand il ne me donne rien, je ne peux pas protester parce que je trouve que ce n’est pas une bonne idée dans notre situation de réfugiés. Je me retiens.’’, avoue la femme infertile.

 

Un problème d’emplacement d’ovules

 

‘’Au Burundi, un docteur m’avait dit que mes ovules ne se plaçaient pas au bon endroit pour permettre la fécondation.’’, rapporte la femme qui signale que le docteur lui avait promis de corriger le problème qui admet qu’au début, le couple n’avait pas assez de moyens pour acheter les médicaments qu’il lui avait prescrits. ‘’Mais malheureusement, le conflit du troisième mandat a éclaté et j’ai fui le pays.’’, déplore la réfugiée de Mahama qui explique qu’elle n’a jusqu’ici rien signalé aux médecins du camp à propos de son infertilité.

 

La complication des relations au sein du couple

 

 

L’infertilité prolongée et la stérilité compliquent les liens conjugaux. ‘’Il y a un problème dans notre couple. Nous nous regardons d’un mauvais œil. Il dit que je suis en train d’exterminer sa descendance. Je lui explique que ce n’est pas de ma faute, que je n’y peux rien.’’, se lamente la réfugiée. ‘’C’est comme si nous faisons semblant de vivre ensemble. Si nous étions encore au Burundi, je l’aurais peut-être déjà quitté pour retourner chez mes parents.’’, poursuit-elle.

 

La séparation est parfois inévitable 

 

 

Même si il y en a qui vivent ensemble en toute harmonie, la plupart des couples sont brisés par l’infertilité ou la stérilité, témoigne un autre réfugié burundais. E.S rapporte que souvent les conjoints s’accusent mutuellement. ‘’L’homme accuse son épouse d’être stérile et la femme accuse la même chose à son mari.’’, précise E.S qui trouve irresponsable que le problème se retrouve après quelques jours, dans presque toutes les conversations à l’intérieur du camp. ‘’Je ne peux pas comprendre comment un couple, qui vient de passer dix ou plus de dix ans sans procréer, décide de lancer publiquement le débat sur le problème au moment où il se trouve ici dans un camp des réfugiés.’’, s’étonne E.S.

 

Selon certains réfugiés, les disputes conduisent parfois à la séparation des conjoints qui font face au problème de stérilité ou d’infertilité. ‘’Comme c’est la promiscuité ici, comme peut-être l’homme se dit qu’il est facile de trouver une autre femme si il quitte l’ancienne et comme la femme pense que si elle quitte son mari elle peut facilement trouver un autre, ça devient compliqué.’’, explique un autre réfugié burundais qui précise néanmoins qu’au sein de certains couples l’amour et la stabilité sont privilégiés malgré l’absence de procréation.

 

‘’Mais à vrai dire la stabilité du mariage sans enfant c’est très rare ici.’’, indique ce réfugié.

 

Les animateurs communautaires, eux, prônent la foi en Dieu

 

L’animatrice communautaire R.K précise que les conseils tournent principalement autour de la foi et précise que les femmes portent souvent le chapeau quand il y a absence de procréation au sein du couple. ‘’Souvent les hommes jettent la faute à leurs épouses. Notre rôle est de demander au couple d’être persévérant et nous leur disons que seul Dieu est capable de résoudre leur problème.’’, confie R.K qui indique que dans la plupart des cas il n’y a pas d’autres choix.

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