Génocide au Burundi par Pierre Nkurunziza #StopThisMovie

Dossier : De l’enlèvement de Ntasano, de l’assassinat du principal complice à la complicité du Parquet de la République

jeudi, 04 mai 2017 16:35
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Oscar Ntasano Oscar Ntasano

L’homme d’affaires et ancien sénateur Oscar Ntasano et deux de ses employés sont portés disparus depuis deux semaines après leur enlèvement. Un agent du Service National des Renseignements burundais qui a facilité l’enlèvement de ces 3 personnes a été à son tour éliminé. Des enquêtes menées par le FOCODE dénoncent les agents de l’appareil sécuritaire du Président Pierre Nkurunziza dans ce dossier d’enlèvement et d’assassinat de ce natif de la province Makamba.

 

Les enquêtes du FOCODE mettent en exergue le rôle joué par les agents de sécurité du palais présidentiel de Pierre Nkurunziza dans la disparition forcée de l’homme d’affaires Oscar Ntasano et deux de ses employés. Ntasano est un ancien député et sénateur du parti CNDD-FDD entre 2005 et 2015.

 

Selon le FOCODE, les menaces qu’il recevait étaient liées au contrat de bail signé par l’homme d’affaires et une branche de l’ONU. Pacifique Nininahazwe, président du FOCODE, implique personnellement le Président Nkurunziza.

 

« Nos enquêtes montrent une implication particulière du Président Pierre Nkurunziza dans le processus de disparition forcée de l’honorable Ntasano Oscar. Il a été menacé par des éléments de la police et certaines hautes autorités de ce pays. On lui demandait de résilier un contrat qu’il a signé avec les Nations Unies pour la location de son hôtel NONARA Beach. L’OPC1 Gaston Uwimana est allé jusqu’à menacer la famille de l’Honorable Oscar Ntasano. Cet officier est un chef du Bureau des Renseignements à la Police Nationale du Burundi », indique le président du FOCODE.

 

Face aux menaces persistantes, l’homme d’affaires Oscar Ntasano a saisi les deux vice-Présidents de la République, Gaston Sindimwo et Joseph Butore, pour en parler. Ces deux autorités n’ont fait que « rassurer » l’ancien sénateur.



Le déroulement de l’enlèvement d’Oscar Ntasano et ses employés

 

Alors que les deux vice-Présidents burundais tentaient de rassurer Oscar Ntasano, ce dernier a été enlevé à la même période. Selon le FOCODE, le scenario d’enlèvement de ce dignitaire a commencé lundi 17 avril 2017, quand un jeune homme du nom de Lambert Bitangimana a appelé Oscar Ntasano, en se présentant comme un client.

 

« Ce jeune se présentait comme un vacancier burundais venu du Canada et voulait louer une parcelle non-exploitée de ce sage homme d’affaires. La première fois, ils se sont rencontré le 18 Avril 2017 et ont même visité les lieux. Le jour suivant, l’Honorable Ntasano a été appelé par son client pour qu’ils se rencontrent tout près de Chanic, mais il s’est fait accompagner de son chauffeur », poursuit Nininahazwe.

 

Cette présence incongrue aurait déjoué le plan des kidnappeurs, qui finalement ont proposé un autre rendez-vous pour le 20 Avril.

 

« A 7 heures du matin, Lambert Bitangimana a encore appelé Oscar Ntasano et l’a supplié qu’il puisse aller le rencontrer pour une autre visite, argüant que sa femme devrait la voir avant de prendre un avion. Le patron de NONARA Beach s’est fait accompagner de deux de ses employés pour sa sécurité ; mais il sera surpris de trouver Lambert Bitangimana avec un autre homme au lieu de sa femme. Depuis ce jour, pas de nouvelles de ce patron et ses employés, pas même une trace », relate le président du FOCODE après ses recherches.



Le témoin-clé et principal complice éliminé à son tour

 

Selon le FOCODE, Lambert Bitangimana, utilisé pour attirer Oscar Ntasano dans un piège, a été éliminé à son tour pour effacer tout témoin. Son corps a été retrouvé dans le véhicule de l’homme d’affaires dans la commune Gashoho en province Muyinga, alors qu’il avait été arrêté par des agents du SNR de Pierre Nkurunziza. Le complice de la disparition de Ntasano a lui aussi été attiré dans un guet-apens par des proches du Président Nkurunziza.

 

« Dans la soirée du jour de son enlèvement, quelqu’un a utilisé son téléphone en alertant un de ses contacts sur son insécurité, et qu’il allait se réfugier au Rwanda. Son véhicule a été retrouvé comme s’il avait eu un accident sur la jonction Ngozi-Muyinga-Kirundo. Dans ce véhicule, il y avait le corps de Lambert Bitangimana alors que ce dernier avait été appelé le vendredi 21 avril par un officier de la garde présidentielle et chef du renseignement privé de Pierre Nkurunziza, le Major Noël. Ce dernier demandait à Lambert Bitangimana de quitter Bujumbura pour Ngozi à 23 heures, mais celui-ci a refusé. Il a encore reçu un autre appel à 1 heure du matin de la part du Brigadier Jonas Ndabirinde qui insistait pour que Lambert Bitangimana monte en urgence à Ngozi. Le jeune homme a attendu le matin pour prendre un bus matinal, et a été accueilli par un officier de la garde présidentielle qui l’a fait loger à l’hôtel Alléluia de Ngozi », explique Pacifique Nininahazwe.

 

Lambert Bitangimana est resté à cet hôtel toute la journée en attente de l’officier qui l’a accueilli. Il a été à son tour enlevé le soir du 21 avril par des agents du SNR. Le lendemain matin, son corps a été retrouvé près du véhicule d’Oscar Ntasano à Gashoho, comme s’il avait trouvé la mort dans un accident de roulage. Les témoins oculaires précisent toutefois que « le corps de Lambert Bitangimana présentait des traces au niveau de sa gorge comme s’il a été étranglé ».

 

Le FOCODE accuse la police d’avoir menti en cherchant à dissimuler la vérité sur la vraie identité du corps. Annonçant qu’il s’agit du corps d’un employé de l’homme d’affaires Ntasano, le porte-parole de la police s’est rétracté pour annoncer la réelle identité de la victime, à savoir Lambert Bitangimana.

 

« Le parquet s’enlise dans la complicité »

 

Selon Me Lambert Nigarura, le dossier de la disparition forcée de l’Honorable Oscar Ntasano et ses deux employés, puis l’assassinat du complice Lambert Bitangimana doit impliquer le pouvoir de Bujumbura.

 

« Il suffit d’analyser les propos contradictoires de la police mais aussi l’inertie totale du ministère public face à ces actes, pour comprendre que le pouvoir de Bujumbura est derrière tout cela. Il est inconcevable qu’un véhicule disparaisse de Bujumbura avec à bord des gens déclarés avoir été enlevés et qu’il arrive à Muyinga sans être identifié par la police de roulage. Ensuite, quand le véhicule a été vu ‘’accidenté’’ avec un cadavre à l’intérieur, il est inconcevable que la Police et le parquet n’aient pas fait le constat comme le préconise la loi burundaise en vigueur », dénonce l’Avocat burundais.

 

Cet homme de droit estime que la police, notamment son porte-parole, a « devancé » le ministère public pour détourner l’attention sur ce dossier et ne pas établir la vraie version sur ce qui s’est passé.

 

Il est difficile de comprendre pourquoi le ministère public n’a pas ouvert un dossier d’enquête par rapport aux circonstances de la mort de Lambert Bitangimana et pour déterminer « les liens » entre l’enlèvement du trio Ntasano Oscar et employés et la découverte de ce corps, concut Me Nigarura.

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