La CNIDH perd son statut A par manque d’indépendance et d’impartialité

vendredi, 10 février 2017 07:32
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Jean-Baptiste Baribonekeza, président de la CNIDH Jean-Baptiste Baribonekeza, président de la CNIDH
Le sous-comité chargé de l’accréditation des institutions nationales des droits de l'homme a rétrogradé au statut B la Commission Nationale indépendante des droits de l'homme du Burundi, la CNIDH. Cette commission est reprochée de manque d'impartialité et d'indépendance dans l'accomplissement de son mandat de promotion et de protection des droits de l'homme au Burundi.
 
La décision de rétrograder la CNIDH est tombée ce mercredi 8 février 2017 à Genève où siège le sous-comité d’accréditation des institutions nationales des droits de l’homme. Selon Maitre Armel Niyongere, président de l'ACAT-Burundi, Action Chrétienne pour l’Abolition de la Torture, la CNIDH est reprochée de « manque d'impartialité et d'indépendance dans l'accomplissement de son mandat de promotion et de protection des droits de l'homme au Burundi ».
 
La CNIDH a une année pour apporter les preuves qu'elle respecte les principes internationaux, notamment les principes des droits humains.
 
« On a avisé la communauté internationale  que cette commission  manque d'impartialité et d'indépendance dans l'accomplissement de son mandat de promotion et de protection des droits de l'homme au Burundi. Pendant la contestation contre le 3ème mandat de Pierre Nkurunziza, la CNIDH s'est permis de qualifier les manifestations pacifiques de manifestations violentes. Tout cela montre que la CNIDH a perdu son impartialité, sa crédibilité et n'est pas du tout indépendante », indique Me Niyongere. 
 
Au cours de l'année 2015, poursuit le président de l’ACAT-Burundi, la CNIDH ne s'est ainsi pas préoccupée dans son rapport de la destruction des médias indépendants qui prive toute la population du droit à l'information équilibrée. « Elle a plutôt qualifié les journalistes de manque de professionnalisme. Cela prouve qu’une telle commission ne mérite pas le statut A parce que ce statut appartient aux commissions qui respectent les principes de Paris, c'est-à-dire le respect des droits humains », ajoute le défenseur des droits de l’homme. 
 
Maitre Armel Niyongere ajoute que cette mesure de rétrogradation prise à l'endroit de la CNIDH du Burundi aura des conséquences pour cette commission, qui ne pourra plus prendre la parole au Conseil des droits de l'homme de l’ONU.
 
« En cas de rétrogradation au statut B, la CNIDH et toute la population représentée perdent leur crédibilité. Personne ne prendra plus au sérieux les rapports et les prises de position de la CNIDH car elle sera considérée comme non indépendante. Elle ne pourra plus aussi faire de déclaration devant le Conseil des droits de l'homme. Seules les commissions nationales qui ont le statut A ont la permission de faire des déclarations orales. La CNIDH ne participera qu'à titre consultatif et sans droit de vote auprès de l'union des institutions nationales. Aussi, les bailleurs de fonds ne seront plus enthousiastes à accorder des financements à cause de la perte de crédibilité. Donc la perte est énorme au niveau de la CNIDH », conclut le président de l’ACAT.
 
La CNIDH attend la décision de la chambre d’appel
 
Dans une réaction ce jeudi, le président de la CNIDH a déclaré que la commission va continuer à jouir du statut A jusqu’à la décision finale de la chambre d’appel du sous-comité d’accréditation des institutions nationales des droits de l’homme. 
 
Selon Jean Baptiste Baribonekeza, la CNIDH était sous analyse depuis 2016 après que son indépendance et son rôle dans la protection des droits de l’homme aient été « remises en cause ». 
 
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